Patricia Zoundi Yao : le mot de la fondatrice

Patricia Zoundi Yao, fondatrice de Canaan Land

"Never give up !"


Dotée d’une volonté farouche de contribuer au développement du monde rural, Patricia Zoundi Yao est une entrepreneure dans l’âme, qui se définit comme une « solutionneuse de problèmes ». En témoigne Quickcash, startup fondée en 2010, aux côtés de ses deux associés, Josiane et Frank, qui vise à rendre les services financiers, et notamment le transfert d’argent, accessibles à toutes les couches sociales de la population, particulièrement dans les zones rurales où l’accès au système bancaire classique est difficile. Dix ans plus tard, l’entreprise est désormais présente sur l’ensemble du territoire ivoirien, y compris dans les régions les plus reculées, avec des agents indépendants, ainsi qu’au Burkina-Faso, au Niger et au Togo.

Forts de ce succès, Patricia, Josiane et Frank se sont depuis lancés dans un autre projet, plus vaste et plus ambitieux encore : Canaan Land. Ce nouveau challenge permet à Patricia de combiner ses compétences d’entrepreneure, ainsi que son dévouement pour les communautés rurales, l’autonomisation des femmes et l’une de ses passions: l’agriculture.

La détermination de Patricia et ses accomplissements en tant qu’entrepreneure lui ont par ailleurs valu de nombreuses récompenses telles que le Prix spécial du Premier Ministre Daniel Kablan Duncan, le Prix du Capital Intelligent, le Prix National d’Excellence de la Présidence de la République (Catégorie Entrepreneuriat jeune) ou encore la reconnaissance en tant Chevalier de l’Ordre National et du Mérite du Burkina Faso en 2014. En 2016, elle reçoit le Prix Ivoirien de la Qualité, et œuvre depuis 2019 pour la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement en tant que eTrade for Women Advocate (voir article ci-dessous). 

Le mot de Patricia

« Venant d’une famille d’agriculteurs, je baigne depuis toute petite dans l’univers de la terre. Enfant, j’accompagnais ma mère dans les marchés et villages où elle se rendait pour vendre ses produits. C’est grâce à elle que j’ai fait mes premiers pas dans la sphère entrepreneuriale, que je n’ai plus quittée depuis. 

Malgré des échecs initiaux, c’est grâce à la création et au succès de Quickcash que j’ai réalisé, il y a dix ans déjà, que l’entrepreneuriat était la solution d’avenir pour venir en aide aux agriculteurs et agricultrices de l’Afrique de l’Ouest.

L’agriculture est en effet la première force de la Côte d’Ivoire. Notre économie a jadis prospéré grâce à elle, et j’ai la conviction profonde que le métier d’agriculteur est le plus beau et le plus honorable du monde : sans le travail des agriculteurs, nous ne serions rien, d’où mon dévouement aux communautés rurales, qui sont l’avenir de notre pays.

C’est un fait indéniable : la Côte d’Ivoire reste fortement dépendante de l’importation de produits alimentaires. Et pourtant, ces importations ne sont pas une solution d’avenir à mes yeux. Non seulement elles représentent près de 70 millions de dollars pour les fruits et légumes seuls, mais elles nuisent également à l’environnement, sans parler du réchauffement climatique, alors que certains produits n’ont tout simplement pas besoin de parcourir des milliers de kilomètres avant d’arriver dans les mains des consommateurs, d’autant nous avons une solution, ici et maintenant : nos agriculteurs et agricultrices. Ils sont la solution. Grâce à notre climat, nous pouvons tout cultiver sur nos sols ! Il suffit juste de trouver le modèle adapté, et de leur permettre de dépasser leurs difficultés actuelles.

En effet, parce qu’ils manquent d’installations, d’outils et de formation appropriés, leurs performances sont limitées ; parce qu’ils manquent de formations adéquates, leurs méthodes de production ne sont pas responsables ; parce qu’ils n’ont que très peu accès au marché, leurs revenus sont faibles et instables. Néanmoins, ils n’ont pas besoin de pitié. Ils n’ont pas besoin d’actions à court terme. Ils ont besoin de formations, de techniques et d’outils durables. Ils ont besoin d’infrastructures, d’intrants et de semences de qualité. Ils ont besoin d’un accès sûr à des terres cultivables, à des marchés solides et à des revenus décents. Voilà l’essence de notre modèle, durable et inclusif.

Notre mission est de nourrir la Côte d’Ivoire grâce à ce modèle, tout en préservant l’environnement par le respect des écosystèmes et la plantation d’arbres le long de nos parcelles, ainsi qu’une utilisation intelligente et efficiente des ressources en eau, grâce à des systèmes tels que le goutte-à-goutte. Notre rêve est de dupliquer ce modèle en Afrique de l’Ouest, et d’avoir un impact positif sur les populations vulnérables. Nous voulons leur permettre d’accéder à un niveau de vie supérieur, et souhaitons encourager l’autonomisation des femmes, qui grâce à leur activité pourront à terme acquérir de véritables compétences en gestion, en exploitation, et deviendront elles-mêmes de véritables entrepreneures.

Bien sûr, nous sommes confrontés à des défis. Toutes les start-ups en ont. Mais Canaan Land est une promesse d’un avenir meilleur. Dans le sillage des difficultés, il y a un avenir meilleur, pour les femmes, pour l’Afrique et pour la planète ! »

Découvrez notre article sur la nomination de Patricia en tant que eTrade for Women Advocate : 

Patricia Zoundi Yao, nommée eTrade for Women Advocate par le secrétaire général de l'UNCTAD, le Docteur Mukhisa Kituyi

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